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« Postes de police chinois » : quand la couverture médiatique blesse une communauté

La diaspora chinoise affirme que les médias francophones québécois doivent couvrir les communautés marginalisées de manière plus responsable.

Situé au cœur du Quartier chinois de Montréal, le Service à la famille chinoise du Grand Montréal (SFCGM) offre depuis 1976 des services à la communauté chinoise montréalaise. 

Ce centre communautaire et un centre similaire situé à Brossard — le Centre Sino-Québec de la Rive-Sud (CSQRS) — sont parmi les seuls qui offrent des services en mandarin et en cantonais pour les membres de la diaspora chinoise de la région montréalaise qui parlent uniquement ces langues. Dirigés par Xixi Li, qui est aussi actuellement conseillère municipale à Brossard, ces centres offrent, entre autres, des cours de francisation, des services pour les aîné.e.s et de l’aide à la recherche d’emploi. 

Des allégations fortement médiatisées par la presse francophone

Le 9 mars 2023, plusieurs médias, dont La Presse et Le Journal de Montréal, ont rapporté que la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) était en train d’enquêter sur ces centres communautaires. 

« La Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquête sur deux présumés ‘postes de police chinois’ au Québec qui auraient instauré un ‘climat de terreur’ au sein d’une partie de la diaspora chinoise », peut-on lire dans l’article de La Presse de Vincent Larouche et Henri Ouellette-Vézina « La GRC enquête sur deux présumés ‘postes de police chinois’ » daté du 9 mars 2023. « Les deux organismes soupçonnés par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d’être des ‘postes de police chinois’ clandestins à Montréal et à Brossard disent être étonnés de se voir ainsi ciblés. Ils assurent être prêts à collaborer avec les autorités canadiennes et maintiennent qu’ils condamnent tout comportement qui pourrait s’assimiler à du harcèlement et à de l’intimidation», peut-on lire dans l’article de La Presse de Vincent Larouche « Les organismes visés offrent leur collaboration à la GRC » daté du 14 mars 2023.

La GRC allègue que ce sont des « postes de police » du Parti communiste chinois et qu’ils font de l’intimidation auprès de certains membres de la diaspora chinoise. « Ces établissements sont soupçonnés de mener des opérations de maintien de l’ordre en sol canadien, notamment pour convaincre des ressortissants de retourner en Chine pour faire face à la justice » peut-on lire dans l’article du Journal de Montréal de Sarah-Maude Lefebvre « Ingérence étrangère : des Canadiens vivent dans la peur de la Chine » daté du 5 avril 2023. 

L’article cite que Xixi Li a affirmé que « On n’a jamais été une station de police. Qui a inventé cette histoire? […] On travaille pour le bien-être de la communauté chinoise, pour aider les gens dans des situations défavorables ». L’article mentionne aussi que « le Service à la Famille Chinoise du Grand Montréal affiche sur son site web avoir le gouvernement chinois comme ‘partenaire.’ » Cette mention ne figure pas actuellement sur le site web du SFCGM. Il a été impossible de confirmer si le centre communautaire l’a retiré depuis la publication de l’article. 

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May Chiu, ancienne directrice du SFCGM et coordinatrice de la Table ronde du Quartier chinois, affirme que le SFCGM et le gouvernement chinois n’ont jamais été partenaires. Elle confirme que le SFCGM a reçu le titre de « centre de services chinois outre-mer » par le gouvernement chinois lors du rapprochement entre le Canada et la Chine en 2016. Ce titre désigne des centres où les citoyen.ne.s chinois.e.s. présent.e.s au Canada peuvent aller chercher de l’aide puisqu’iels ne sont pas éligibles à recevoir de l’aide de la part des agences canadiennes. 

En 2022, l’organisme de défense des droits de la personne Safeguard Defenders a publié un rapport qui affirme que ce type de centre a été utilisé illégalement par le gouvernement chinois pour faire de l’intimidation auprès des ressortissant.e.s chinois.e.s. Suite à la publication de ce rapport, plusieurs agences gouvernementales à travers le monde, dont la GRC, ont commencé à enquêter sur ces centres. 

La communauté chinoise dit être blessée par la couverture médiatique francophone

Plusieurs membres de la diaspora chinoise croient que la forte médiatisation de cette histoire a énormément blessé la communauté. Wawa Li, une organisatrice communautaire dans la communauté chinoise, a été extrêmement bouleversée lorsqu’elle a lu un article du Journal de Montréal écrit par Sarah-Maude Lefebvre et Yves Lévesque qui abordait les allégations de la GRC

« En déroulant l’article, j’ai réalisé qu’une des photos qui avait été utilisée, c’est à l’événement du centième anniversaire de la [Loi d’] exclusion [sur les Chinois]. Il y a eu des commémorations à Ottawa, puis moi, j’y étais. […] C’est la première fois que ma sœur venait avec moi, c’est comme la première fois que j’avais ce genre de moment-là avec […] un membre de ma famille », se remémore Wawa Li. 

Elle avait été émue par la foule de personnes chinoises qui brandissaient des drapeaux canadiens devant le Parlement malgré la sombre histoire du pays de racisme et d’exclusion. Elle admirait la force des aîné.e.s qui s’affichaient comme des fièr.e.s Sino-Canadien.e.s et qui prenaient des photos pour commémorer ce moment historique. 

« Finalement, les photos que j’ai vues dans l’article, c’était ça. C’était fou de voir que c’est à un événement de réconciliation! » témoigne Wawa Li. « C’était un moment pour moi de réconciliation pour dire que, moi, je dois accepter que je fais partie de cet héritage-là, que le Canada fait partie de mon héritage. Maintenant, je vais suivre ce que les elders font et pardonner. Mais finalement [voir que] cette photo-là est utilisée dans cet article, ça m’a tellement chamboulée! »

Lorsqu’elle a appris la nouvelle de l’enquête, Mme Chiu a eu peur de prendre la parole. 

« J’ai trouvé ça incroyable, mais en même temps, et je vais vous dire ça, parce qu’un des effets sur la communauté chinoise de ces allégations non fondées [c’est] d’avoir un effet de gel sur la liberté de parole, d’expression de la communauté chinoise », affirme-t-elle. « Après les allégations dans les journaux, même les gens de la communauté qui normalement courent après les médias… personne n’osait dire un mot. Même moi, qui suis militante et connue pour mes prises de parole, même moi j’ai [eu du recul]. Personne n’a envie d’être enquêté par la GRC! » Mme Chiu affirme que ces accusations non fondées, dont les détails spécifiques n’ont toujours pas été communiqués aux centres communautaires, sont un bafouement du droit à la présomption d’innocence.

« Pendant les premières semaines, quand l’affaire est sortie sur la GRC, c’était scandaleux comment, dans tous les médias, dans toutes les manchettes, ils ont décrit cette affaire comme si c’était un fait accompli, que c’était comme assumé qu’il y a effectivement des postes de police cachés dans nos centres communautaires au Québec! » Mme Chiu veut que la GRC et les médias puissent spécifier les torts commis par les présumés postes de police chinois, « comme ça, peut-être on peut vous donner des explications ». 

Elle affirme également que les médias ont la responsabilité de couvrir adéquatement les histoires qui affectent une communauté déjà marginalisée et vulnérable et que les journalistes doivent être conscient.e.s des impacts de leur couverture médiatique. Elle cite que l’Association nationale des Japonais-Canadiens soutient la cause des centres communautaires, car la diaspora japonaise au Canada a déjà subi l’internement durant la Seconde Guerre Mondiale suite à des accusations publiques d’espionnage et ne veut pas que quelque chose de semblable se reproduise. 

Jointe par téléphone à son bureau, Sarah-Maude Lefebvre a tout d’abord accepté la requête d’entrevue du Rover. Toutefois, au cours de l’entrevue, elle a exprimé être mal à l’aise avec nos questions et a décidé de mettre fin à l’entretien. Mme Lefebvre a refusé de nous accorder une seconde entrevue. Elle a également parlé de notre journaliste à Vincent Larouche de La Presse, que The Rover a également sollicité pour une entrevue. Suite à cela, M. Larouche a refusé notre demande d’entrevue.

L’enquête est toujours en cours et aucune preuve n’a été trouvée

Presque deux ans après la sortie publique de la GRC, au moment de publier ces lignes, l’enquête est toujours active et n’a rien trouvé pour prouver ces allégations. 

La GRC a refusé d’accorder une entrevue à The Rover, citant que l’enquête est toujours en cours. Toutefois, la GRC a affirmé dans l’article « La GRC enquête sur deux présumés ‘postes de police’ chinois au Québec » du Journal de Montréal par Sarah-Maude Lefebvre et Yves Lévesque, daté du 9 mars 2023 que « On sait pertinemment qu’il y a certaines personnes qui subissent des pressions, qui ont peur pour elles ou pour leur famille. On veut leur tendre la main. Non seulement pour détecter et [poser des actes de] perturbation, mais si on peut aussi prendre des actions de répression, on va le faire. » 

L’article ne définit pas clairement le concept de « poste de police chinois », affirmant seulement que « l’organisme espagnol de défense des droits civils Safeguard Defenders avait dévoilé l’automne dernier l’existence de ce phénomène à l’échelle mondiale, dont cinq postes qui se trouvaient au Canada ». 

Dans un autre article du Journal de Québec daté du 27 avril 2023 par Sarah-Maude Lefebvre et Dominique Lelièvre intitulé «Les ‘postes de police chinois’ du Québec ne seraient pas fermés», le Ministre fédéral de la Sécurité publique Marco Mendicino a affirmé que « la GRC a pris des mesures décisives pour fermer les soi-disant postes de police ». Dans le même article, Xixi Li affirme que « le Centre Sino-Québec et le Service à la famille chinoise du Grand Montréal n’ont reçu aucune demande de fermeture de la part de la GRC. Nos activités se déroulent normalement. » 

Dans l’article « Les postes de police chinois sur le sol canadien ont été fermés, assure Ottawa » de La Presse par Joël-Denis Bellavance daté du 27 avril 2023, Xixi Li affirme que « les deux organisations avaient collaboré à l’enquête et qu’ils n’avaient refusé «aucune demande ». Mais il n’y a eu ‘aucune suite et aucune autre communication.’ » 

Dans un autre article de La Presse daté du 5 mai 2023 par Sidhartha Banerjee de La Presse Canadienne intitulé « Un sénateur veut des justifications de la GRC », la GRC affirme que « il est important de noter que certaines des activités sur lesquelles la GRC enquête se sont déroulées à des endroits où d’autres services légitimes à la communauté sino-canadienne étaient ou sont offerts. La GRC ne fera aucun commentaire sur des endroits spécifiques, car des enquêtes sont en cours. Cependant, la GRC peut confirmer que notre réponse nationale a perturbé les activités illégales  ».

« Des actes illégaux auraient bel et bien été commis dans les présumés ‘postes de police chinois’ et ils ont nécessité l’intervention de la GRC. Le corps de police n’a toutefois pas voulu s’avancer sur la nature des actes illégaux constatés puisque son enquête est toujours en cours », peut-on lire dans l’article « ‘Postes de police’ chinois : des actes illégaux auraient bel et bien été commis » du Journal de Montréal par Sarah-Maude Lefebvre daté du 5 mai 2023. 

Xixi Li et les centres communautaires poursuivent la GRC 

Le 6 mars 2024, Xixi Li, le SFCGM et le CSQRS ont déposé une poursuite à la Cour Supérieure contre la GRC, réclamant des dommages matériels, moraux et punitifs s’élevant à près de 4,9 millions de dollars. Elle cite notamment dans sa poursuite la diffamation que la GRC a faite à son égard lors de ses sorties publiques dans les grands médias, dont La Presse et Le Journal de Montréal. 

Dans sa demande introductive d’instance, Xixi Li a affirmé qu’elle n’était pas au courant des allégations contre ces organismes. Elle dit en avoir été informée après les sorties publiques de la GRC dans les médias le 9 mars 2023. Selon un communiqué daté du 15 janvier 2025, peu après le dépôt de la poursuite, « la GRC a demandé une suspension des procédures judiciaires pour une durée de neuf mois afin de compléter son enquête ». Le communiqué mentionne également que le 9 décembre 2024, « la GRC a déposé une deuxième requête demandant une suspension supplémentaire de quatre mois pour terminer son enquête ». Sur les conseils juridiques de leurs avocates, les centres communautaires visés n’ont pas opposé cette requête de la GRC « dans l’espoir qu’il est dans l’intérêt supérieur de la communauté chinoise et de l’ensemble du public canadien que le plus d’informations possibles soient recueillies et rendues publiques concernant les allégations ». 

Un rapport de pouvoir asymétrique entre les médias francophones et la communauté chinoise

Wawa Li croit que la couverture médiatique de l’histoire a engendré beaucoup de confusion pour les gens à l’extérieur de la communauté chinoise qui n’étaient pas au courant de l’histoire. Elle reproche aux médias d’avoir une relation de pouvoir asymétrique avec la diaspora chinoise, affirmant que les gens qui menaient une campagne pour défendre les centres communautaires et expliquer leur mission au public étaient de jeunes étudiant.e.s à temps plein qui essayaient de se faire écouter par les grands médias. 

« Le rapport de force n’était pas de notre côté. Je veux dire, nous, on n’avait pas les médias dans notre back. C’était vraiment pas juste comme situation », pense-t-elle, ajoutant qu’elle avait l’impression que les défis et la marginalisation vécue par la communauté chinoise n’avaient pas d’importance pour les médias. « Et je pense que ce genre de réponse là, ‘Qu’est-ce que ça fait que ce soit comme ça? Pourquoi? Qu’est-ce que ça signifie vraiment?’ C’est comme, vous n’êtes même pas capable de voir qu’on parle de gens qui struggle et qui ont besoin de ces services-là! »

Wawa Li croit que les demandes d’entrevues des journalistes ont été refusées car plusieurs journalistes ont utilisé des pratiques de reportage avec lesquelles elle n’est pas à l’aise. Elle reproche aux journalistes francophones de ne pas prononcer les noms des témoins chinois.e.s dans leurs reportages correctement. « C’est comme ‘Xixi Li’, ça se dit ‘Xixi’ […]. C’est pas ‘Chi Chi Li’ », s’exclame l’organisatrice communautaire. « On a appris votre langue! Parlez comme du monde à notre monde, apprenez comment nous appeler. C’est pour ça que tu veux avoir des gens de ta communauté qui viennent te parler. Genre, j’ai pas l’impression que je suis un cirque. Les opérations que vous coupez, c’est potentiellement des cours de francisation. Pis, vous, vous arrivez dans nos espaces et vous n’êtes même pas capable de prononcer notre nom! »

L’organisatrice communautaire a aussi critiqué la manière des médias d’entrer en contact avec Xixi Li. « Il y avait des journalistes qui avaient cogné chez Xixi Li en personne pour lui poser des questions genre vraiment intrusives. Il y avait pleins de choses qui ont été faites qui étaient vraiment pas… Disons que la GRC, on n’est pas allé cogné chez eux. » 

Xixi Li a refusé d’accorder une entrevue à The Rover, citant que ses avocates lui ont conseillé de ne pas parler avec les médias. Ces dernières ont également refusé notre demande d’entrevue, citant le litige en cours. 

Dans sa demande introductive d’instance, Xixi Li a affirmé qu’elle a appris l’existence des allégations contre ses centres communautaires lorsqu’elle s’est réveillée le 9 mars 2023 et a vu sa maison entourée de journalistes. « Xixi Li, à cause de ses accusations contre elle, a reçu des menaces. Elle a reçu des messages haineux », affirme Mme Chiu. « Elle a aussi été désinvitée aux forums publics après qu’elle avait accepté des invitations. Alors les gens ont retiré des invitations pour elle et c’est vraiment dommage, parce que […] c’est une des seules femmes asiatiques qui a une position comme élue. » 

La demande introductive d’instance inclut des courriels menaçants que la directrice générale du SFCGM et du CSQRS a reçus suite aux allégations. « On vous surveille maintenant nous aussi. SYLVIE » a envoyé syla687@gmail.com en date du 9 mars 2023. « Tellement pas étonné de la magouille des chinois et de la faiblesse de notre gouvernement. il est temps de faire vos bagages et sacrer votre camp du Canada. Ras le bol de la Chine. Antoine Richard » a envoyé crdr@videotron.ca le 9 mars 2023. Xixi Li a aussi affirmé dans sa demande introductive d’instance que cette histoire lui a fait vivre un stress considérable qui lui a fait solliciter les services d’un travailleur social pour 6 mois et qu’elle s’est fait prescrire des médicaments pour l’insomnie que ce stress émotionnel a engendré.

La communauté ne se sent pas écoutée

Mme Chiu reproche aux médias de ne pas écouter la communauté lorsqu’elle souhaite exprimer son point de vue. « Il y a un journal que je ne vais pas mentionner. Mais c’est horrible, ils se présentent comme un des experts-enquêteurs de cette affaire d’ingérence du gouvernement chinois, de poste de police chinois. Mais chaque fois que la communauté veut exprimer leurs points de vue, ils ne la couvrent pas », ajoutant qu’elle croit que plusieurs journalistes sont biaisés. 

Lorsqu’elle a été interrogée par les médias, Mme Chiu a affirmé à La Presse que « les deux établissements au Québec qui ont fait l’objet d’une enquête de la GRC n’avaient rien à se reprocher et qu’ils étaient maintenant menacés de fermeture » et a qualifié le comportement de la GRC « d’irresponsable ». Elle a aussi affirmé à La Presse que « tous les membres du conseil d’administration des deux organisations avaient collaboré avec la GRC, mais n’avaient eu aucune nouvelle de la police depuis la mi-mars » et a témoigné qu’en tant qu’ancienne directrice générale du SFCGM, « elle n’était au courant d’aucune activité illégale pendant son mandat ». 

Mme Chiu affirme que, même si les allégations de la GRC sont fondées et qu’il y a bel et bien des « postes de police chinois » dans ces centres communautaires, les médias ont la responsabilité de couvrir la diaspora chinoise d’une manière qui ne va pas causer encore plus de tort à cette communauté qui est déjà marginalisée au Canada. « Ça se peut qu’il y a des gens qui ont peur du gouvernement chinois. Ça se peut qu’il y a des gens qui sont vraiment menacés, on ne sait pas », pense-t-elle. « Nous aussi, nous sommes contre ça, nous aussi, nous sommes Chinois.e.s. Alors on est vraiment contre toutes sortes de gestes criminels dans notre communauté et n’importe quel bafouement de nos droits — par le gouvernement canadien ou chinois. Mais il ne faut pas peindre toute la communauté avec la même brosse et il faut être prudent. »

L’organisatrice de la Table ronde du Quartier chinois condamne le fait que les médias n’ont pas contesté suffisamment la version des faits de la GRC. « Les journalistes devraient commencer à contester la version de la GRC. Pourquoi ils nomment ces organismes parmi toutes leurs enquêtes à travers le Canada? C’est quoi la preuve? », questionne Mme Chiu. « Avant que nous avons tenu nos conférences de presse, les médias n’ont même pas pris le temps de comprendre c’est quoi ces organismes qui sont sous enquête par la GRC. Ils n’ont pas compris que c’étaient les centres communautaires qui donnaient de l’aide à la communauté, aux personnes vulnérables. […] C’est nulle part dans les articles qui dénonçaient ces services comme des postes de police chinois: personne n’a demandé, ‘Mais maintenant, où est-ce que la communauté va aller pour chercher de l’aide?’ »

Editor’s note: After being contacted by a source quoted in the article « Postes de police chinois » : quand la couverture médiatique blesse une communauté, I have decided to remove her quotes from the piece. The source, Sarah Maude Lefebvre, had agreed to be interviewed by The Rover but, shortly into the conversation, expressed her discomfort with the our reporter’s line of questioning. While we do not doubt our reporter’s rigour and ethics, we also respect the right of a source to refuse comment. Our reporter made it clear to me that Lefebvre shared these concerns during the interview but I chose to run the story as is. I believed, and still believe, that Miss Lefebvre defended her reporting well and that her perspective was essential to the story. None of the facts reported in this piece are in question but ultimately, Miss Lefebvre was clear about her reservations and I made the call to run the piece with excerpts of the interview. The responsibility for this mistake, therefore, rests entirely on my shoulders. And while I stand by our reporter’s work and her record of excellent, informative journalism, I did not show good judgement in this instance and for that I apologize unreservedly. In solidarity, Christopher Curtis

Author
Diamond est une journaliste indépendante qui couvre des enjeux contemporains sociaux et environnementaux. Basée à Montréal/Tiohtià:ke, elle vise à porter voix dans la sphère publique aux histoires invisibilisées et aux perspectives marginalisées. La plupart de son travail porte sur les thèmes de l’intersectionnalité, de la diaspora, du développement durable et de la justice sociale. Ses articles ont été publiés dans plusieurs médias tels que Le Devoir, La Converse, Pivot Québec, Toronto Star, Washington Post et CBC.
Vous pouvez trouver encore plus de son travail à diamondyao.com et la suivre sur Bluesky à @graceofyul.bsky.social
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